mercredi 12 septembre 2018

Awan Oka par cas!


On est ailleurs, je ne sais pas où exactement, mais les gens sourient tout le temps, ne sont pas bien grand, enfin la taille de papa quoi. On est à la ramasse pour le petit-déj (comme dab), car un pote de ma sœur (entendez par là, ils ont dû se prendre une murge ensemble) nous attend.


Il s’appelle Avoine, inhabituel comme nom, mais ici à Bali (on vient enfin de me dire où on est) on dit et écrit Awan, c’est plus simple, mais y’a pas de quoi faire le malin vu que ça se prononce idem !
Il nous attend à la réception de l’hôtel pour aller se promener. On va dans un parc aux oiseaux. Non mais t’imagine la couche des vieux ! Douze milles bornes pour voir des piafs. Y sont pas étanches, et dire que c’est à moi qu’on met des couches, alors que c’est eux qui en tiennent une sacrée !


Awan est très gentil et il s’occupe bien de moi, heureusement. Parce que quant tu vois père et mère entrain de prendre des photos qu’ils ne regarderont quasi jamais et mamie qui fond lentement sous les 35C° et 70% d’humidité, sans Awan que serais-je devenue. Une pauvre erre, enfant des rues du sud-est asiatique, crado de la tête aux pieds mais toujours avec le sourire. En fait je suis juste une asiatique trop bien nettoyée… La suite mettant en scène d’autre personne non présente, a été censurée avant même la fin de son écriture. Vous n’aurez donc pas la chute de ce passage ! 


Avec Awan on est allé voir plein de dames que j’ai fait rigoler. Des dames batik. Je voyage beaucoup alors je connais la baltique, mais batik bof. Mais elles m’ont fait une jolie robe. Des dames argent. Elles gagnent de l’argent pour le transformer en bijoux pour gagner de l’argent pour en faire des bijoux pour gagner de l’argent…je n’ai rien compris. Des dames qui polissent avec du cirage des trucs que des hommes taillent dans du bois. J’ai vu des éléphants, des chats, des boites et même le truc que papa a entre les jambes. Et quant elles le cirent, elles rigolent et gloussent bizarrement (le truc en bois hein, pas celui de papa).


Moi je crois que je n’aime pas les vacances. C’est toujours la même chose. On va voir plein de chose, on galope dans tout les sens et moi je fini par difficilement m’endormir sur maman.
On a fini la journée en allant manger dans un resto ou ils ne t’apportent pas que la casserole à table, mais carrément le charbon et les braises, c’est méga dangereux cette idée. Pis si tu dois payer pour faire ton barbeuc, autant le faire chez toi. D’ailleurs j’ai l’impression que chaque fois que j’ai les yeux ouverts ils vont au resto pour manger.


Le lendemain avec Awan on est parti de Nusa Dua pour aller à Ubud. Non mais vous n’allez pas me croire. Y’a 40 bornes soit une heure trente ici pour le trajet. On y a presque passé la journée. Parti en retard on n’allait pas arriver en avance, mais bon du pur Levi ! Et vas-y que je me promène que je m’arrête voir ceci ou gouter cela, incroyable.
Et pour changer on s’arrête au resto, pour bouffer hein, pas pour faire un tennis, on avait oublié les raquettes. Et voilà que la nouvelle découverte c’est des tables au-dessus de la flotte. On bouffe sur pilotis, c’est-à-dire surélevé (comme le prix je pense). Des carpes se baladent peinards au-dessous de nous pendant qu’au-dessus 4 adultes me surveillent pour que je ne passe pas à la flotte. A noter que la seule personne qui a failli finir au jus c’est maman. La table sur pilotis est solide et en bambou gros comme un bras. Mais sous les tapis de riz, se cachent des plaques de bois pas bien épaisses et surtout qui ne sont plus de 1ere fraicheur. Alors que maman tente de s’installer, un craquement sec se fait entendre. Pour un peu elle finissait avec les carpes koïs, elle qui ne raffole pas du poisson pour sûr elle aurait peu apprécié le menu, et la réciprocité peut être vraie aussi.


Nous finissons par arriver à Ubud ou notre hôtel est littéralement collé à la Monkey Forest. Alors pour moi qui jongle entre le français châtié de papa et l’anglais Pretty Girl de maman, je peux traduire pour les ignares que cela veut dire forêt des singes. Donc y’a des singes dans cette forêt et les gens paient pour aller se faire voler et harceler par ces bestioles dénuées de scrupules, mais pas d’intelligence. Pour nous pas besoin de payer pour le spectacle, il a lieu direct dans les jardins de l’hôtel. Les singes prennent en effet le lieu comme dépendance directe de leur forêt. Ils sont sur les toits dans les jardins et tentent de chaparder tout ce qu’ils trouvent, surtout si c’est comestible. 


Le lendemain matin vers 7h, c’est une querelle simiesque sur notre entrée qui nous sort de notre léthargie. La cavalcade sur le toit finira de nous réveiller. Cela dit je me tiens à distance car un mâle adulte debout est largement aussi grand que moi. Déjà que l’aspirateur et le sèche-cheveux me foutent les jetons, un singe je ne vous dis même pas. Merci mon papa et tes bras sauveurs, mon héros !

 
Le lendemain rebelote, les trois affreux ont décidé de repartir en balade. Cette fois c’est Oka qui s’y colle. Oka est le cousin de Awan, je vous le dis oka où ! Oui je sais elle est facile et nulle. Normal c’est papa qui me les apprends. Comme Awan, Oka est super gentil et un peu timide au départ j’ai tôt fait de le détendre et de lui montrer qu’avec moi ç’est à la cool. Et qu’a part le choix du lieu de promenade, mes chaperons m’obéissent au doigt et à l’œil. Parfois même avec un doigt dans l’œil pour rappeler qui est la boss ici !



Premier arrêt, on est en pleine cambrousse. Mais c’est un peu spécial car c’est de la cambrousse comme tu vois la cambrousse chez nous. Baraque délabrée, route défoncée, précarité des campagnes et tout le toutim. Mais en même temps c’est les champs, logique direz-vous ! Oui mais les Champs-Elysées, en plus propre faut pas déconner, mais avec autant de monde. Et pourquoi tout le monde se retrouve là ? Pour voir du riz. Plus on est de fou moins y’a de riz… (ok pour les blagues pourries voyez mon géniteur). Parce qu’il pousse en terrasse. Et alors hein ! Dimanche sur ton balcon, tranquille, tu prends deux jardinières, tu les superposes l’une en dessus de l’autre légèrement décalée. Que tout ceux qui voient une connotation sexuelle à cette dernière ligne veuillent bien sortir de la pièce. Merci papa ! Tu peux revenir, j’ai besoin de toi pour la suite, mais faudra penser à consulter !
Donc tes bacs à fleurs installés, tu plantes du riz, un vieux avec 2 dents qui joue sur une espèce de guitare avec une corde de plus que ses dents et c’est réglé. 


Papa a voulu acheter du riz, il aime bien faire touriste engagé, informé presque caritatif. Finalement il est aussi caritatif que Hulot est écolo. Y veut juste du riz pas cher et rentrer en disant – Je connais le cultivateur de ce produit. Il a fourni un travail colossal pour produire son riz. Je n’ai même pas négocié le prix histoire qu’il puisse vivre de manière décente. Sur quoi maman dira – Tu lui a donné 1200 roupies pour un kilo, soit 8 centimes. Redescend mère Thérèsa ! Bon en même temps papa dès qu’il y a beaucoup de zéro y patauge.


Bon j’en étais où, ah oui le riz ! C’est joli… ok la suite please. Pour j’ai dit ça… la suite logique, on est parti bouffer, aux milieux des rizières. Humidité, moustiques, le tout servi avec du riz indien vu qu’il y pas d’Indonésien.
Avec ce repas ou Oka nous a fait découvrir qu’en Indonésie certain boivent le jus d’orange chaud, 


Nous sommes partis pour les temples.
La clique judéo-chrétienne entame son périple de découverte hindouiste. Il faut être couvert pour les temples, jambes et bras. Mamie et papa avait prévu le coup et un short Columbia qui se transforme en pantalon, ou l’inverse, devait en principe faire l’affaire. Raté ! dans les temples Indonésien tout au moins, le sarong est obligatoire pour homme comme pour femme. On peut au passage, saluer l’égalité de la mesure. Nous voici donc tous affublé du sarong traditionnel noué autour de la taille. Ainsi tous en jupette nous allons visiter le temple de la purification. Purification toute relative vu le nombre de clampin prenant le grand bain avec les poissons du bassin.


Comme d’habitude c’est moi la star. Je passe de bras en bras et les gens accourent pour venir faire des selfies avec moi. Sans déconner, ça a commencé par une musulmane voilée qui a voulu me prendre sur les genoux et se tirer le portrait. Suivi par des flopées de touristes asiatique voulant faire de même. Au bout d’un moment le petit attroupement autour de moi et mon sarong improvisé par maman, a attiré un groupe de musulmane qui étaient avec la première que j’avais vu.
De bras en bras de genoux en genoux des selfies et des selfies. Même la Kardashian y’a pas autant de monde pour la shooter. Pour la 1ere fois de ma carrière, maman va être obligée de mettre un terme à la séance tant je suis fatiguée. Une petite sieste dans ses bras me remettra en forme. Et j’en ai bien besoin avec mes globe-trotteurs. A peine sorti d’un temple que hop on saute dans un autre.
C’est bien gentil leur truc, mais ça commence de me faire fumer comme un bâton d’encens cette histoire de balade.

Bien contente de retrouver l’hôtel pour un peu de repos. En parlant de repos, il est bien entendu question du mien. Papa, maman et mamie sont eux contraint de me courir derrière les fesses et quant je dors ils doivent se débrouiller pour faire tout ce que je les empêche de faire durant la journée. Demain c’est le départ pour une autre ile…

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