On est ailleurs, je ne
sais pas où exactement, mais les gens sourient tout le temps, ne sont pas bien
grand, enfin la taille de papa quoi. On est à la ramasse pour le petit-déj
(comme dab), car un pote de ma sœur (entendez par là, ils ont dû se prendre une
murge ensemble) nous attend.
Il s’appelle Avoine, inhabituel
comme nom, mais ici à Bali (on vient enfin de me dire où on est) on dit et
écrit Awan, c’est plus simple, mais y’a pas de quoi faire le malin vu que ça se
prononce idem !
Il nous attend à la réception
de l’hôtel pour aller se promener. On va dans un parc aux oiseaux. Non mais t’imagine
la couche des vieux ! Douze milles bornes pour voir des piafs. Y sont pas
étanches, et dire que c’est à moi qu’on met des couches, alors que c’est eux
qui en tiennent une sacrée !
Awan est très gentil
et il s’occupe bien de moi, heureusement. Parce que quant tu vois père et mère
entrain de prendre des photos qu’ils ne regarderont quasi jamais et mamie qui
fond lentement sous les 35C° et 70% d’humidité, sans Awan que serais-je
devenue. Une pauvre erre, enfant des rues du sud-est asiatique, crado de la
tête aux pieds mais toujours avec le sourire. En fait je suis juste une
asiatique trop bien nettoyée… La suite mettant en scène d’autre personne non
présente, a été censurée avant même la fin de son écriture. Vous n’aurez donc
pas la chute de ce passage !
Avec Awan on est allé
voir plein de dames que j’ai fait rigoler. Des dames batik. Je voyage beaucoup
alors je connais la baltique, mais batik bof. Mais elles m’ont fait une jolie robe.
Des dames argent. Elles gagnent de l’argent pour le transformer en bijoux pour
gagner de l’argent pour en faire des bijoux pour gagner de l’argent…je n’ai
rien compris. Des dames qui polissent avec du cirage des trucs que des hommes
taillent dans du bois. J’ai vu des éléphants, des chats, des boites et même le
truc que papa a entre les jambes. Et quant elles le cirent, elles rigolent et
gloussent bizarrement (le truc en bois hein, pas celui de papa).
Moi je crois que je
n’aime pas les vacances. C’est toujours la même chose. On va voir plein de chose,
on galope dans tout les sens et moi je fini par difficilement m’endormir sur
maman.
On a fini la journée
en allant manger dans un resto ou ils ne t’apportent pas que la casserole à
table, mais carrément le charbon et les braises, c’est méga dangereux cette
idée. Pis si tu dois payer pour faire ton barbeuc, autant le faire chez toi. D’ailleurs
j’ai l’impression que chaque fois que j’ai les yeux ouverts ils vont au resto
pour manger.
Le lendemain avec Awan
on est parti de Nusa Dua pour aller à Ubud. Non mais vous n’allez pas me
croire. Y’a 40 bornes soit une heure trente ici pour le trajet. On y a presque
passé la journée. Parti en retard on n’allait pas arriver en avance, mais bon
du pur Levi ! Et vas-y que je me promène que je m’arrête voir ceci ou
gouter cela, incroyable.
Et pour changer on s’arrête
au resto, pour bouffer hein, pas pour faire un tennis, on avait oublié les
raquettes. Et voilà que la nouvelle découverte c’est des tables au-dessus de la
flotte. On bouffe sur pilotis, c’est-à-dire surélevé (comme le prix je pense).
Des carpes se baladent peinards au-dessous de nous pendant qu’au-dessus 4
adultes me surveillent pour que je ne passe pas à la flotte. A noter que la
seule personne qui a failli finir au jus c’est maman. La table sur pilotis est
solide et en bambou gros comme un bras. Mais sous les tapis de riz, se cachent
des plaques de bois pas bien épaisses et surtout qui ne sont plus de 1ere
fraicheur. Alors que maman tente de s’installer, un craquement sec se fait
entendre. Pour un peu elle finissait avec les carpes koïs, elle qui ne raffole
pas du poisson pour sûr elle aurait peu apprécié le menu, et la réciprocité
peut être vraie aussi.
Nous finissons par
arriver à Ubud ou notre hôtel est littéralement collé à la Monkey Forest. Alors
pour moi qui jongle entre le français châtié de papa et l’anglais Pretty Girl
de maman, je peux traduire pour les ignares que cela veut dire forêt des
singes. Donc y’a des singes dans cette forêt et les gens paient pour aller se
faire voler et harceler par ces bestioles dénuées de scrupules, mais pas d’intelligence.
Pour nous pas besoin de payer pour le spectacle, il a lieu direct dans les
jardins de l’hôtel. Les singes prennent en effet le lieu comme dépendance
directe de leur forêt. Ils sont sur les toits dans les jardins et tentent de
chaparder tout ce qu’ils trouvent, surtout si c’est comestible.
Le lendemain
matin vers 7h, c’est une querelle simiesque sur notre entrée qui nous sort de
notre léthargie. La cavalcade sur le toit finira de nous réveiller. Cela dit je
me tiens à distance car un mâle adulte debout est largement aussi grand que
moi. Déjà que l’aspirateur et le sèche-cheveux me foutent les jetons, un singe je
ne vous dis même pas. Merci mon papa et tes bras sauveurs, mon héros !
Le lendemain rebelote,
les trois affreux ont décidé de repartir en balade. Cette fois c’est Oka qui s’y
colle. Oka est le cousin de Awan, je vous le dis oka où ! Oui je sais elle
est facile et nulle. Normal c’est papa qui me les apprends. Comme Awan, Oka est
super gentil et un peu timide au départ j’ai tôt fait de le détendre et de lui
montrer qu’avec moi ç’est à la cool. Et qu’a part le choix du lieu de
promenade, mes chaperons m’obéissent au doigt et à l’œil. Parfois même avec un
doigt dans l’œil pour rappeler qui est la boss ici !
Premier arrêt, on est
en pleine cambrousse. Mais c’est un peu spécial car c’est de la cambrousse
comme tu vois la cambrousse chez nous. Baraque délabrée, route défoncée, précarité
des campagnes et tout le toutim. Mais en même temps c’est les champs, logique
direz-vous ! Oui mais les Champs-Elysées, en plus propre faut pas déconner,
mais avec autant de monde. Et pourquoi tout le monde se retrouve là ? Pour
voir du riz. Plus on est de fou moins y’a de riz… (ok pour les blagues pourries
voyez mon géniteur). Parce qu’il pousse en terrasse. Et alors hein !
Dimanche sur ton balcon, tranquille, tu prends deux jardinières, tu les superposes
l’une en dessus de l’autre légèrement décalée. Que tout ceux qui voient une connotation
sexuelle à cette dernière ligne veuillent bien sortir de la pièce. Merci papa !
Tu peux revenir, j’ai besoin de toi pour la suite, mais faudra penser à
consulter !
Donc tes bacs à fleurs
installés, tu plantes du riz, un vieux avec 2 dents qui joue sur une espèce de
guitare avec une corde de plus que ses dents et c’est réglé.
Papa a voulu acheter
du riz, il aime bien faire touriste engagé, informé presque caritatif. Finalement
il est aussi caritatif que Hulot est écolo. Y veut juste du riz pas cher et
rentrer en disant – Je connais le cultivateur de ce produit. Il a fourni un
travail colossal pour produire son riz. Je n’ai même pas négocié le prix
histoire qu’il puisse vivre de manière décente. Sur quoi maman dira – Tu lui a
donné 1200 roupies pour un kilo, soit 8 centimes. Redescend mère Thérèsa !
Bon en même temps papa dès qu’il y a beaucoup de zéro y patauge.
Bon j’en étais où, ah
oui le riz ! C’est joli… ok la suite please. Pour j’ai dit ça… la suite
logique, on est parti bouffer, aux milieux des rizières. Humidité, moustiques,
le tout servi avec du riz indien vu qu’il y pas d’Indonésien.
Avec ce repas ou Oka
nous a fait découvrir qu’en Indonésie certain boivent le jus d’orange chaud,
Nous sommes partis pour les temples.
La clique judéo-chrétienne
entame son périple de découverte hindouiste. Il faut être couvert pour les
temples, jambes et bras. Mamie et papa avait prévu le coup et un short Columbia
qui se transforme en pantalon, ou l’inverse, devait en principe faire l’affaire.
Raté ! dans les temples Indonésien tout au moins, le sarong est
obligatoire pour homme comme pour femme. On peut au passage, saluer l’égalité
de la mesure. Nous voici donc tous affublé du sarong traditionnel noué autour
de la taille. Ainsi tous en jupette nous allons visiter le temple de la
purification. Purification toute relative vu le nombre de clampin prenant le
grand bain avec les poissons du bassin.
Comme d’habitude c’est
moi la star. Je passe de bras en bras et les gens accourent pour venir faire
des selfies avec moi. Sans déconner, ça a commencé par une musulmane voilée qui
a voulu me prendre sur les genoux et se tirer le portrait. Suivi par des
flopées de touristes asiatique voulant faire de même. Au bout d’un moment le petit
attroupement autour de moi et mon sarong improvisé par maman, a attiré un groupe
de musulmane qui étaient avec la première que j’avais vu.
De bras en bras de
genoux en genoux des selfies et des selfies. Même la Kardashian y’a pas autant
de monde pour la shooter. Pour la 1ere fois de ma carrière, maman va être
obligée de mettre un terme à la séance tant je suis fatiguée. Une petite sieste
dans ses bras me remettra en forme. Et j’en ai bien besoin avec mes globe-trotteurs.
A peine sorti d’un temple que hop on saute dans un autre.
C’est bien gentil leur
truc, mais ça commence de me faire fumer comme un bâton d’encens cette histoire de balade.
Bien contente de retrouver
l’hôtel pour un peu de repos. En parlant de repos, il est bien entendu question
du mien. Papa, maman et mamie sont eux contraint de me courir derrière les
fesses et quant je dors ils doivent se débrouiller pour faire tout ce que je
les empêche de faire durant la journée. Demain c’est le départ pour une autre
ile…
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