vendredi 14 septembre 2018

Boat people

Après 2 jours à Nusa Dua et 2 jours à Ubud le départ vers l’ile de Lembongan est programmé. Un chauffeur passe nous prendre et après, un rapide bye-bye aux singes qui sont venu nous voir en famille ce matin, nous embarquons pour une nouvelle aventure et c’est peu de le dire.
L’ile est à 20 minutes de speedboat de Bali, mais la particularité de l’aventure ne réside pas là. Pour tout un chacun, prendre un bateau est chose simple. Un ponton, une passerelle, aux proportions du bateau et hop l’affaire est réglée. Ouais mais ici en Indonésie c’est pas du tout comme ça.
Perso je ne suis pas inquiète. Comme bébé, je suis choyé et toujours mis à part. Quant mes trois chaperons voyagent en éco, moi je suis en first !


L’arrivée au port est déjà en soit assez sport. Trois personnes, trois valises pleines à craquer un gros sac idem et chacun son sac à dos, gage d’un encombrement maximum. Mais le vrai sport reste à venir.
Pour arriver aux bateaux il faut longer un chemin étroit entre des baraques de taules ondulés ou de briques si fines que même une tranche de jambon de parme serait jalouse. Lorsque je dis que le chemin est étroit ce n’est pas du flan. Il doit faire dans les deux mètres à tout casser. Vous allez me dire que c’est bien assez large pour passer ou alors que papa à déjà bien trop bouffé en 4 jours. Les deux sont vrais et on peut même ajouter qu’il tape pas mal dans les larges Bintang (75cl). Mais ou la situation se complique pour les pieds nickelés c’est que 300 personnes passent dans un sens et autant dans l’autres. Et bien sûr tous avec armes et bagages. Les grosses Samsonite côtoient, les 60lt des backPackers, et les énormes sacs de voyage lacèrent les planches de surf. Le tout dans une bousculade bordélique ou les sortants sont pressés de trouver leurs taxis pour l’aéroport, les entrants impatients de monter dans les bateaux et tous de ne pas paumer le guide qui doit les emmener au bon endroit. C’est désorganisé, stressant et pénible car j’allais oublier de vous préciser que le sol est en sable et caillasse, perso je m’en fiche, mais la tronche de maman, mamie et papa ne laisse guère de doute sur le sujet.


Fin du jeu ? Pas tout à fait. Arrivé devant les cahutes qui servent de check-in, on s’aperçoit très vite qu’il manque un truc. Un détail, une broutille, mais qui a son importance. Le mot débarcadère ne devant pas exister en balinais et ponton non plus, ben y’en a pas et pis c’est tout. C’est depuis la plage, flotte jusqu’à la taille qu’il va falloir embarquer. Fort heureusement les valises sont prises par des porteurs, des pros, pas des futurs noyés !


Ce moment sur la plage ou tous retirent leurs pompes, remontent leurs shorts au max dans l’espoir désuet de ne pas se mouiller, mélange le tragi-comique au pathétique et bien sûr à une pointe de sadisme tant il est vrai que tous attendent de voir qui va se vautrer comme une merde et prendre le grand bain. Comme dab je suis chouchoutée, comme on dit les enfants d’abord…. Tels des héros les trois montent sains et saufs, et quasi sec dans le bateau. Négociant avec classe le minuscule passage entre l’un des 4 moteurs pour accéder à la cabine.


Pourtant une fois confortablement installé dans la cabine surchauffée qui dégouline d’humidité, je peux percevoir dans le regard de mon père, une pointe de déception non dissimulé. En effet il vient de voir la grand-mère d’une famille de rasta-crado australien qui trempée de la tête aux pieds, a visiblement fait le spectacle pour ceux qui ont eu la chance d’être derrière elle. La vie est parfois injuste papa, tu auras peut-être une autre occaz au retour !


La traversée est rapide et les 4 gros moteurs font sauter le bateau envoyant des paquets de mer sur ses flancs. Nous sommes du bon côté et un virage plus coup de vent et hop la gerbe d’eau vient s’abattre à l’intérieur de la cabine. Je vous le donne en mille, c’est de nouveau la famille rasta-crado qui se l’est mangée. Y’a quelqu’un en haut lieu qui a dû penser que les dread de la famille méritaient un coup de wash !


Débarquement sur la plage de Lembongan ou sous un soleil de plomb il faut encore attendre les navettes pour les hôtels. Quelques centaines de mètres. Même si le périple fut laborieux, l’expédition en valait la peine.

   


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